Grippe A + télévision = désinformation.

Publié le par L'orange berruyère

Ce n’est pas une grande nouvelle, mais la Grippe A (H1N1) est arrivée dans le Cher.

Ce qui est épatant, par contre, c’est le manque criant d’information du publique sur la pandémie.

 

Je travail dans une collectivité locale et nous commençons à prévoir des dispositions spécifiques afin d’être paré pour le gros de la crise, annoncée entre la fin de l’été et l’automne.

Ce travail n’est pas spontané, il a fallut que le Ministère de la santé fasse passer quelques consignes afin de lancer le processus.

 

Etant lecteur du journal Le Monde et aimant fureter l’information sur Internet, je n’ai pas été surpris par cette démarche. Je sais qu’il y a un risque pour qu’un tiers de la population française contracte le virus, malgré les campagnes de vaccination prévues et que, pour éviter que cela ne soit encore pire, il va bien falloir agir de manière conséquente.

 

Par contre, visiblement, mes collègues ne jouissent pas tous des mêmes informations que moi. Il suffit pour cela de voir leurs regards incrédules ou leur réactions de dénigrement quand on leur apprend qu’une commande massive de masques et de gants a été passée, qu’il va falloir apprendre à respecter une distance de 2 mètres avec les autres personnes, que des réunions risquent d’être annulées, que certains services pourraient être mis en stand-by et que la possibilité du télétravail n’est pas exclue.

 

Comment expliquer ce manque d’informations, voir ce refus de croire en la possibilité d’une grave pandémie ? Je pense qu’il ne faut pas hésiter une seule seconde à désigner l’un des coupables présumés : la télévision.

 

Nous nous souvenons tous du battage fait par les grandes chaînes de télévision au tout début de l’apparition de la grippe A. Celui-ci n’a pas fait que marquer les esprits, il les a blasé. La plupart des téléspectateurs ont eu l’impression qu’on en faisait des tonnes pour un petit bout de virus qui ne concernait que quelques milliers de personnes dans des pays lointain. Surtout qu’on nous avait déjà fait le coup pour la grippe aviaire…

Résultats ? Une partie du public a encore eu l’impression qu’on faisait une montagne d’un cailloux et qu’il n’y avait pas grand-chose à craindre.

Pire encore, la télévision, qui préfère le sensationnel à l’information, met volontiers en avant des sujets considérés comme plus importants (rappelez vous le concert de Johnny, les faits divers en ouverture de journal, etc.), oubliant que le principe même d’une pandémie est qu’elle se développe de manière exponentielle et qu’il faudra forcément tenter de s’en prémunir.

 

Ce désintéressement des médias pour l’information n’est pas nouveau. On le constate chaque jour par l’inexistence des émissions traitant du fond. Aujourd’hui, au journal de 20h, on préfère faire 15 minutes sur des faits divers (genre bébés congelés), 10 minutes sur du people (interview de U2, reportage sur ce qu’à manger Carla) et on concentre le reste sur une information bien sensationnelle qu’on approfondit surtout pas et qu’on oublie totalement le lendemain. Au final, le spectateur n’est pas informé, il est diverti.

 

Pour la grippe A, seuls ceux qui vont chercher l’information ne seront pas étonnés, demain, de voir des écoles et des transports publics fermés, des agents administratifs portant des masques, des concerts annulés et autres joyeusetés dues à la pandémie. Il leur en faudra, du temps, pour faire passer le message à ceux qui n’ont pu prendre conscience de la réalité.

 

Quant à moi, je vais partir en quête d'une jolie grippeuse afin de lui rouler une pelle. Ainsi contaminé au milieu de l'été et vite soigné, j'aurais fabriqué les anticorps nécessaires pour être préservé cet automne. Je n'aurais pas à faire la queue chez le médecin et à la pharmacie en septembre et je pourrais même taquiner mes collègues masqués !

Publié dans Bourges et Berry

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