Barroso... Pauvre Europe...

Publié le par L'orange berruyère





La nomination de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne traduit un affaiblissement de l'idée même d'Europe. En effet, avec Barroso, c'est une nouvelle ère d'immobilisme et d'inaction européenne qui s'ouvre devant nous.

C'est regrettable pour deux raisons :
- plus que jamais, nous avons un besoin d'Europe pour pouvoir dépasser cette période trouble,
- une nouvelle législature d'inaction renforcera l'idée, présente chez de nombreux citoyens, que l'Europe n'est qu'un "machin" qui ne les concerne pas.

Au niveau national, nous pouvons remercier les députés européens du MoDem, d'Europe écologie et de la gauche d'avoir votés contre cet appel à l'inertie.

Nous ne pouvons cependant que prendre acte de cette nomination et reporter nos regards sur le Parlement pour faire bouger l'Europe.

Le rêve européen doit persister. Il est issu de notre passé, vital pour notre présent et nécessaire pour pouvoir envisager correctement le futur.



(Vidéo de Nathalie Griesbeck, députée du MoDem au Parlement européen).



Publié dans Prises de position

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

bN-imaJne 09/10/2009 19:14



D'apres moi tu as mis le doigt sur l'un des seuls moyens de faire evoluer notre société : la syndicalisation de masse ... ce qui je l'espere entrainerait un grand nettoyage aussi dans les
syndicats ^^
L'adhesion a un syndicat n'est elle pas un des critères ouvrant au droit de vote dans certains pays ? Je crois que ca nous ferait du bien.

Pour revenir sur le référendum populaire, je pense que la votation pour la poste à ouvert une belle breche dans cette direction ... ou du moins je l'espere fortement



B. Javerliat 09/10/2009 16:20


Referendum : « outil démocratique ». Merci d'avoir rectifié .
Concernant le non cumul, la limitation des mandats, transparence, etc... on ne peut qu'etre d'accord avec vous. J'ai seulement peur que les élus freinent des 4 fers, n'ayant pas envie de scier la
branche sur laquelle ils sont assis. Pour beaucoup, la politique est devenu un métier plutot lucratif. Si vous ne l'avez pas déjà vu, cette vidéo instructive.


L'Orange berruyère 09/10/2009 17:13



J'irai regarder votre vidéo avec interêt, mais je n'en ai pas besoin pour être convaincu de la "professionnalisation" du milieu
politique et de la difficulté d'y mettre fin.

A nous, citoyens, d'utiliser notre pouvoir pour peser de tout notre poids dans la balance.



bN-imaJne 09/10/2009 00:39



La solution serait en effet de revoter ponctuellement ... ce qui ne serait pas viable j'en conviens.
Neanmoins refuser au peuple toute possibilité de s'exprimer directement n'est pas non plus satisfaisante. Je comprends que les élus représentent l'intermédiaire idéal mais ca induit aussi à terme
de releguer le peuple loin de la politique nationale



L'Orange berruyère 09/10/2009 10:16



Pas nécessairement.

Renouvellement de la classe politique (non cumul des mandats, limiter leur renouvellement), transparence, démocratie participative, syndicalisme de masse, lobbying populaire... Il existe
de nombreuses possibilités de rapprocher le citoyen de la Politique national. Il ne manque qu'un peu de courage politique pour le faire.

Il n'est pas question, dans mes propos, de refuser au peuple de s'exprimer lors d'un referendum. Non. Je dis simplement qu'il ne faut pas mettre sur un trop grand piédestal cet outil
démocratique, surtout de la façon dont il est aujourd'hui utilisable.
Le gros problème, mais on s'éloigne ici de la problématique propre à la question européenne, c'est que c'est le pouvoir en place qui peut, seul, proposer un referendum. C'est donc un outil
aux mains du seul pouvoir en place qui, à moins d'une erreur politique, ne proposera son utilisation que lorsque la réponse à la question posée est connue et souhaitée.

Ce qu'il faut, c'est que le peuple lui même puisse, dans certains cas, imposer son propre referendum avec sa propre question. C'est ce qui est prévu dans une loi déjà votée et qui ne demande qu'à
être mise en application.
Si je me souviens bien (il faudra vérifié), si 4 millions de français et une partie significative du parlement demande la mise en place d'un referendum sur une question précise, l'Etat se devra
de l'organiser.



Etrangement, le gouvernement retarde la mise en place de cette possibilité. Peut-être un rapport avec le cas de la privatisation de La Poste qui aurait pu donné
lieu à ce type de démarche ?



B. Javerliat 08/10/2009 09:23


Les lecteurs apprécieront :
Referendum : « sondage qui a valeur décisionnelle ».
Referendum : « dictature d'opinion ».
Referendum : « n’est en rien un outil capable d’exprimer la réelle souveraineté du peuple ».
Referendum : « C’est du populisme, rien de plus ».
Dont acte.


L'Orange berruyère 08/10/2009 10:34



Mais allez y, n'hésitez pas, démontrez moi que le referendum est un outil
démocratique capable, sur le long terme, de conduire la politique d'une nation.

Ou au moins, soyez clairs : vous ne pouvez pas reprocher à la France de ne pas avoir reposé la question du traité de Lisbonne par referendum et en même temps reprocher à l'Irlande d'avoir posé
plusieurs fois la question à ses citoyens. Ce n'est pas logique, choisissez, vous êtes pour l'utilisation répétée du referendum oui ou non ?

Si vous êtes contre, alors vous estimez que, parce qu’un jour le peuple à exprimer son opinion, on se doit de la respecter sur le long terme, sans prendre en considération le fait qu'une opinion
peut évoluer. Ce serait, là, pour moi, une dictature d’opinion puisque le peuple n'aurait pas le droit de changer d'avis.

Si vous êtes pour, alors il faut reposer la question régulièrement au peuple, et pas seulement sur le sujet européen, mais pour nombre de choses. La démocratie directe, en somme, utopie fort
sympathique mais qui a bien du mal à s'ancrer dans le réel.

Moi, je pense que les élections, parce qu'elles sont à la fois légitimes et renouvelées régulièrement, permettent de suivre la flexibilité de l'opinion publique et donc de traduire la réelle
souveraineté du peuple et qu'elles sont, en ce sens, l'outil démocratique le plus éfficace.



B. Javerliat 07/10/2009 18:34



Votre réponse est, hélas, telle que je l’attendais, et à vrai dire, elle me sidère. Et j’ai quelque difficulté à trouver par où commencer.


 


Comme à chaque fois dans cette histoire, la réponse est à côté du sujet. La question n’est pas de savoir si vous ou moi sommes favorables au traité de Lisbonne, mais de regretter de (très) graves
entorses aux lois qui nous gouvernent.


Eliminons d’emblée le cas Irlandais. On les a fait voter, re-voter et re-re-voter jusqu’à ce qu’ils donnent la réponse attendue par les organisateur du referendum. Je ne connais pas la
constitution Irlandaise, et peut-être est-ce légal de faire revoter les gens jusqu’à ce qu’ils donnent la « bonne » réponse. Ou alors, les Irlandais ont inventé le referendum à une
seule réponse : « yes »  Pour moi, c’est la négation du referendum.


Concernant la France, la situation est encore plus scandaleuse. Lors du referendum de 2005, les Français s’étaient eux aussi majoritairement exprimés contre le TCE. Et s’il y a eu referendum, c’est uniquement parce que la constitution française l’imposait, et sûrement pas
pour faire plaisir aux Français. Le traité de Lisbonne devait donc lui aussi être
avalisé par un referendum. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, un nouveau « non » était plus que probable. Et c’est là que nos dirigeants(1) ont eu une idée géniale :
Puisque la Constitution les gène, il n’y avait qu’à changer la constitution ! Ce qui fut fait le 4 février 2008 par les parlementaires réunis en Congrès, qui votèrent un amendement à la
constitution leur permettant d’adopter le Traité de Lisbonne sans être obligé de passer par la voie référendaire.


Et parmi ces parlementaires était F. Bayrou. F. Bayrou, en son âme et conscience, a pris la décision de mépriser la décision du peuple souverain, pour se prêter à une forfaiture
constitutionnelle : «  Je suis favorable au traité de Lisbonne » (c’est son droit le plus légitime), « mais les Français risquent de le désapprouver s’il est
soumis à referendum. J’utilise donc le pouvoir qui est le mien » (et qui lui a été conféré par ce même peuple) « pour passer outre la volonté du peuple » C’est en ce
sens que je dis que F. Bayrou n’est pas un démocrate. Un démocrate respecte plus que tout la volonté du peuple. Un démocrate aurait soumis le Traité de Lisbonne à referendum.


Pour l’anecdote, face à ce déni de démocratie, je démissionnais du Modem dès le lendemain.


Alors que N. Sarkozy s’était engagé à faire un referendum : "A chaque grande étape de l'intégration Européenne il faut donc solliciter l'avis du peuple. Sinon, nous nous couperons du
peuple" (voir ici)


 


PS : votre analyse sur le referendum est vraiment surréaliste : pour vous ce n’est
qu’un « sondage qui a valeur décisionnel ». Vous pensez sincèrement ce que vous avez
écrit ?




L'Orange berruyère 07/10/2009 23:39



Je le pense, très sincèrement. Un referendum est l'expression de l'opinion publique à un moment donné, comme un sondage, à laquelle on confère un pouvoir décisionnel.
Vouloir donner un caractère immuable à la décision ainsi exprimé, ce n'est pas, pour moi, de la démocratie, c'est de la dictature d'opinion.




Le peuple n’est pas con, et c’est parce qu’il est intelligent qu’il est capable de changer d’avis. Or, Le referendum n’est en rien un outil capable d’exprimer la réelle souveraineté du peuple
parce qu’il n’est pas capable de suivre l’évolution des citoyens.


 




Votre argumentaire précédent le démontre, d’ailleurs, parfaitement :
Votre principale critique repose sur le fait que l’on n’a pas refait un nouveau référendum pour le traité de Lisbonne. Soit. Mais, d'un autre coté, pour le cas irlandais, vous semblez déplorer le
fait qu'on ait reposer plusieurs fois la question aux électeurs. Par conséquent, vous voyez bien qu’un problème se pose. Qu'aurions nous dû faire selon vous ? Considérer que le "non" de 2005
était irrévocable et immuable ? Reposer la question aux français, puis la reposer 2 ans plus tard, puis encore 2 ans plus tard et ainsi de suite jusqu’à la fin des temps ?




 




Non, désolé, mais ce n’est pas possible. N’importe quel politologue un minimum compétent vous dira que la seule utilité du référendum, c’est de renforcer la légitimité d’un pouvoir en place
lorsque l’on connaît déjà la réponse à la question proposée au suffrage universel. C’est du populisme, rien de plus.




 








Moi, ce n’est as dans le referendum que je lis la souveraineté du peuple, c’est dans les élections. Celles-ci ont l’avantage de se renouveler à échéances régulières permettant ainsi aux citoyens
d’ajuster la politique de leur pays à l’évolution de leur mentalité. On vote pour quelqu’un selon son projet et on juge, à terme, sur son bilan.


 


Je ne vais pas vous détailler les exemples de la suppression de la peine de mort ou de l’avortement, mais nous savons tous que l’opinion est imparfaite.