La liberté sur Internet doit être défendue.

Publié le par L'orange berruyère

Chaque jour, je m’inquiète un peu plus sur l’avenir que la majorité actuellement au pouvoir réserve à Internet.

 

 

La loi HADOPI 2 a été malheureusement adoptée cette semaine par nos députés (voir sur l'Agitateur ce qu'ont votés les députés du Cher). Sur son blog, Jacques Attali la définit, à juste titre, comme  « le pitoyable résultat d’une connivence passagère entre des hommes politiques, de gauche comme de droite,  toujours soucieux de s’attirer les bonnes grâces d’artistes vieillissants et des chefs d’entreprises bien contents de protéger leurs profits sans rien changer  à leurs habitudes ».

Pire, cette loi, qui ne résoudra pas les problèmes de l’industrie du disque, n’est qu’un prémisse à une volonté visiblement plus large de verrouillage du net par la majorité présidentielle.

 

Depuis l’affaire Hortefeux, les interventions réactionnaires vis-à-vis d’Internet se multiplient à l’UMP. Entre Jean-François Copé qui remet en cause la liberté du net, Denis Olivienne qui parle de « Tout à l’égout de la démocratie », ou encore Henri Guaino, la plume du président, qui assimile la transparence absolue à du totalitarisme, on sent monter une fronde liberticide qui n’a rien de rassurante…

 

On croirait qu’à l’UMP, Internet fait peur, parce qu’Internet est libre, parce qu’il n’est pas consensuel comme un journal de TF1, parce qu’il n’est pas docile comme une page du Figaro, qu’il n’est pas contrôlable et qu’il permet, de fait, de dénoncer les dérives de la politique « à l’ancienne », celle des faux semblant démagogiques.



Ne vous laissez pas tromper, l’enjeu est bien politique ! Internet permet au citoyen, par ses moyens d’information et d’expression, de jouer le rôle politique qu’il aurait toujours dû avoir. Ce qui fait peur à l’UMP (et à quelques autres), c’est la fin de l’époque bénie où le citoyen n’était qu’un simple votant, qu’on arrosait de démagogie et de populisme avant chaque élection et qui devait fermer sa gueule pour le reste de la mandature. Aujourd’hui, le citoyen revendique son pouvoir politique, il veut être acteur et il a besoin, pour cela, de pouvoir librement s’informer et s’exprimer.

Or, Internet reste le meilleur outil apte à satisfaire cette demande de démocratie. Au travers de ses blogs, de ses sites communautaires et informatifs, il offre des moyens d’actions politiques. Ce n’est pas pour rien que, plus un régime est totalitaire, plus il cherche à verrouiller Internet ! Et ce n’est pas non plus pour rien que, lorsque la voix du peuple tente de s’exprimer dans ces pays, elle le fait grâce à Internet.

 


Face à cette liberté, ceux qui aimeraient la faire taire aiment user de démagogie pour l'accuser de tous les maux :


Tout d’abord, on va vous dire que lorsqu’il y a trop de liberté, tout le monde peut dire n’importe quoi et que, du coup, on ne peut plus faire le tri entre ce qui est vrai et ce qui est faux. Je trouve cet argument particulièrement offensant.

Croire que les internautes sont capables de gober tous ce qu’ils voient sur Internet est une bien méprisante injective. Les internautes ne sont pas des cons !  Ils savent utiliser leur esprit critique, ils savent qu’il ne faut pas être dupe et que tout est manipulable. Si certains ont quelques doutes, plutôt que de brimer la liberté du net, qu’ils s’attachent à renforcer l’éducation pour rendre les citoyens mieux armés face aux dérives.

 

Un autre argument, utilisé comme une massue, est une mutation du discours sécuritaire habituel à l’UMP : il faut surveiller et contrôler Internet pour éviter les dérives pédophiles, criminelles et terroristes. C’est, en substance, l’argument principal de la LOPSI 2, qui offre des possibilités de surveillance des réseaux plus larges pour la Police, allant jusqu’à installer des virus espions chez les particuliers

A nouveau, je dis que cet argument n’est qu’un odieux leur. La surveillance renforcée d’Internet n’a, concernant les actions criminelles, qu’un seul et unique effet : les personnes dangereuses se réfugient sur des réseaux alternatifs totalement opaques et anonymes, où aucune surveillance n’est possible. Oui, il faut luter contre les pédophiles et autres terroristes, mais en voulant surveiller à outrance le net, on ne peut qu’être contre-productif.

 


On voit bien où veut en venir le pouvoir actuel et l’affaire Hortefeux est particulièrement révélatrice à ce sujet.

Que reproche t’on à Internet dans cette affaire ? D’avoir diffusé le document ? Faux, c’est le site du journal Le Monde qui a publié la vidéo. Que la vidéo ait été prise à l’insu du ministre par des non journalistes ? Faux, elle a été prise par une équipe de la chaîne Public Sénat, en toute connaissance de cause des personnes filmées. Qu’il y a eu une mauvaise interprétation des millions d’internautes qui ont vu la vidéo ? Non, encore une fois, les internautes ne sont pas des cons, ils ont fort bien compris la teneur des propos du Ministre.

Au final, ce qu’on reproche à Internet dans l’affaire Hortefeux, c’est simplement d’avoir permis d’amplifier la diffusion et les réactions des citoyens face aux propos du ministre. On aurait aimé, sans aucun doute, pouvoir censurer cette vidéo, ne pas laisser filtrer l’information.

Trouvez-vous que l’affaire Hortefeux légitime de remettre en cause la liberté sur Internet ? Moi pas.

 

De loin, on a l’impression d’assister à une sorte de choque des générations entre ceux qui sont nés avec un clavier dans les mains et les autres. En fait, je crois plutôt qu’il s’agit d’un conflit idéologique entre ceux qui aimeraient voir le citoyen s’émanciper et ceux qui préfèrent le voir docile et manipulable.

Et il ne s’agit pas que d’une volonté en haut lieu. On le voit au niveau local, ici, à Bourges, où Monsieur Philippe Bensac aurait bien aimé pouvoir museler mon blog.

 

Pour ma part, j’aimerai qu’Internet puisse enfin être considéré par les politiques comme une véritable révolution démocratique qu’il faut défendre et soutenir. J'apprécie que le Mouvement démocrate ait voté contre la loi HADOPI et soit, d'une manière générale, un « ami » d'Internet.

Je pense cependant qu'il faut aller plus loin et j’avoue regarder d’un œil intéressé les débats qui ont lieu au sein du Parti pirate français sur la création d’une déclaration des droits de l’internaute. Il serait fort dommage de railler ce parti et ses idées, tout comme il serait idiot de croire que la Quadrature du net, l'April ou encore a Ligue Odebi ne sont que des regroupements de boutonneux enfermés dans des caves. Ces gens savent de quoi ils parlent et il faut les écouter (j'en profite pour glisser cette lettre ouverte au Parlement européen sur la neutralité du net)

Internet représente une certaine vision universaliste du savoir et de la communication, une sorte d’immense communauté mondiale qui, au fil de son existence et des attaques qu’elle subit, a apprit à se défendre. Je pense que nous devons absolument prendre la pleine conscience de ce que représente ce réseau car, en nous l’aliénant, nous risquons une confrontation aussi inutile que destructrice.

 

 

N’oublions pas : “We do not forgive, we do not forget !” Anonymous

 

 

 

 

Publié dans Prises de position

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bn-imajne 03/10/2009 23:34



je m'etonne qu'il ny ait aucun com ici ... cela dit je ne m'apprete pas non plus a en laisser un constructif ... Trop long, trop pointu, trop de lien ou peut etre est il tout simplement trop tard
^^


c con ca m'interesse ...