Votation citoyenne pour la Poste : sympa mais sans plus.

Publié le par L'Orange berruyère

Paris, samedi matin, devant un bureau de Poste à une embouchure de métro :

 

« Venez voter contre la privatisation de La Poste ! »

« C’est rapide, ça prend une minute, venez sauvez vos facteurs ! »

« Venez voter pour La Poste, c’est pour la bonne cause ! »

Une petite affiche NPA, une autre CGT, 5 à 6 personnes pour tenir le « bureau de vote », un journaliste qui prend des photos, des passants qui confondent la personne chargée d‘attirer le chaland avec un distributeur de prospectus. Pas de doute, la "votation citoyenne" sur la privatisation de La Poste est en route.

 

Je m’approche de la table : urne transparente, liste d’émargement illisible, bulletins sans enveloppes avec le choix entre « oui » ou « non » à la privatisation de La Poste. Pas très engageant.

En me présentant un stylo, on me dit « Même topo que le précédent ! ». Dommage, je n’ai pas entendu ce qui c’est dit avant. Heureusement, comme je ne suis pas totalement idiot, je comprends bien qu’il me suffit d’inscrire un nom, un prénom, une ville et une signature, puis de cocher la bonne case sur mon bulletin avant de le déposer dans l’urne. Pas besoin d’une pièce d’identité, on pourrait, sans problème, voter 10, 15 ou 20 fois d'affilé.

Visiblement, la dame à coté de moi, elle, n’a pas tout comprit. Je la vois déposer son bulletin en oubliant de cocher la case… Le type qui la suit, lui, a oublié d’émarger, mais glisse quand même son bulletin, sans que personne ne rechigne.

Bref, un joyeux bordel.

 

Je griffonne les infos sur la liste d’émargement, j’ai une courte hésitation face au bulletin entre la case « oui » ou « non », c’est la deuxième qui remporte mon suffrage. Je glisse le bulletin dans l’urne et je retourne à mes occupations.

 

 

Vivant dans un département rural, je sais que le facteur est un lien social évident pour nos campagnes, surtout chez nos aînés et encore plus dans les lieux où internet n’est qu’un terme barbare dont on a vaguement entendu parlé.

Je veux bien avoir un coté libéral, que je ne renie en rien puisque je suis un partisan du modèle danois, mais sur ce coup là, je pense qu’on devrait attendre un peu avant de risquer de voir nos facteurs ne plus pouvoir prendre le temps d’être un peu plus que de simple transporteurs.

Oui, je sais, les capitaux sont sensés rester publiques. Mais enfin, on connaît la chanson…

 

Environs 2 millions de suffrages exprimés, c’est pas mal.

Dans le tas, on pourrait sans doute en déligitimer un tiers (la moitié ?), mais ça reste une grande mobilisation nationale.

Le résultat du vote, en lui même, n'a aucun interêt. En effet, dans la forme, il s'agissait plus d'une pétition contre la privatisation que d'un réel scrutin. C'est juste la participation qui compte, un peu comme lors des grandes manifestations nationales.

Faut-il une réaction politique face à une telle mobilisation ? Assurément.
Aura-t-elle lieux ? J’en doute très fortement.

 


Publié dans Divers

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bN-imaJne 09/10/2009 00:55


Perso j'aime beaucoup cette DEMARCHE. Les chiffres n'ont pas en effet de vraie valeur mais témoigne néanmoins d'une mobilisation notable. Je pense que cette démarche pourra être appliquée à
d'autres sujets.

D'autres sujets en effet car celui ci ne sert pas à grand chose. Le gouvernement n'a pas l'intention de privatiser La Poste, ou plutot n'a pas l'intention de le faire d'un coup mais plutot
discretement, au fil du temps, à dose homéophatique :s . Ainsi on aurait eu plus intérêt à réfléchir à comment limiter les dégats, comment empecher la disparition de ce service de proximité lors de
l'ouverture du marché et puis apres lors de la privatisation finale de la Poste ... mais bon.

Quant à ta réaction politique, elle a eu lieu. Sarko a laché son plus fidèle chien d'attaque pour dire la stricte vérité : la privatisation n'est pas l'objet du changement de statut etc ! Elle
n'aura en effet pas lieu sous l'impulsion de ce gouvernement alors que dire d'autres ?