Vieux, apprenez à respecter les jeunes !

Publié le par L'Orange berruyère

 

 

Ce week-end, j’ai participé, à l’occasion du festival international du film écologique de Bougres, à un café citoyen traitant du dialogue entre les générations.

Je suis sorti de cette enrichissante expérience humaine avec la conviction que les jeunes mériteraient un plus grand respect de la part de ceux qui sont plus âgés.

 

La jeunesse est bien souvent déconsidérée par notre société, au point qu’elle est parfois perçue comme une tare. Quel dommage que de ne pas voir qu’une telle réflexion, c’est passer à coté de l’avenir !

 

Etre jeune, aujourd’hui, en France, c’est un handicap et c’est intolérable.

Le monde du travail est un exemple parfait de cette folie. Etre jeune et chercher du travail, c’est se voir reprocher, sans cesse, le manque d’expérience ou d’assurance. C’est se voir reprocher, en fait, d’être jeune. Car oui, l’expérience et l’assurance ne peuvent venir qu’avec la pratique, et donc avec l’âge.

Et cela va bien au-delà de la sphère professionnelle pour s’étendre à toute la société. Partout, le jeune est montré du doigt comme étant à charge, inutile, incapable. Or, quel monde peut se construire sans que les jeunes, donc l’avenir, puissent espérer être considérés comme une valeur ajoutée, et non comme des boulets ?

 

Quels arrogants que ces non-jeunes qui pensent, insolents, que les jeunes ne sont que des coquilles vides à qui on a tout à apprendre. Quels fiers-à-bras, ces non-jeunes, qui ont participé, et participent encore, à la destruction de notre environnement, au creusement d’inégalités sociales intolérables, à l’écrasement des idées sous le poids du pragmatisme, au remplacement de la recherche du bonheur par celle du profit et à tous ce qui rend l’avenir plus sombre que le passé.

Autrefois, on pouvait dire à ses enfants  « voilà ce que j’ai construit pour vous ». Aujourd’hui, ce serait plutôt « tenez, voilà le peu qu’il reste ». Et, malgré cet évident constat, on continu de reprocher à la jeunesse de ne pas avoir la maturité des plus vieux, de ne pas vouloir leur ressembler ?!?

 

Vieux, apprenez à respecter les jeunes ! Si, sans aucun doute, ils devront acquérir de l’expérience, il n’en reste pas moins qu’on peut comprendre qu’ils n’aient pas envie de suivre votre exemple, et donc de vous écouter.

Plutôt que de les considérer comme des poids, voyez les plutôt comme des ailes prêtes à essayer de vous tirer hors du trou que vous avez vous même creusé !


Oui, je fais ici une énorme généralité. La frontière entre ce qui est vieux et ce qui est jeune ne saurait être clairement définie. De même, il est évident que les plus âgés ne sont pas forcément totalement dénués de sagesse. Mais sur le fonds, j’ai envie d’affirmer que la société doit, absolument, accorder plus de confiance à la jeunesse, ne serait-ce que parce que les vieux, ceux à qui nous accordons aujourd’hui toute notre confiance, sont loin d’être des modèles de perfection.

 


Veuillez me pardonner, pour cette fois, la caricature. Elle me semblait éfficace.

#jeansarkozypartout

 

 

Publié dans Prises de position

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Mylou 02/11/2009 18:07


Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un coeur pour deux
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit: je vous attends

Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s'ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide
Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend

Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit: je t'attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.


J Brel 1963


bN-imaJne 17/10/2009 18:35


Ca me rappelle l'instauration de la démocratie participative à Bourges où à la question "ne faudrait il pas plus de jeunes pour représenter les besoins de la jeunesse ?" on s'entendit répondre
"Mais on sait de quoi vous avez besoin, on a été jeunes aussi" ... Oui mais c'était hier !
Même si avoir été jeune donne de bonnes informations, la société et les besoins ont changé. De la même facon, ce n'est pas parce que je connais très bien ma grand mere que j'aurai la prétention de
connaitre ses besoins à elle.

De la même facon, dans un parti politique orange de Bourges, j'entendis dire par derrière "ah ces jeunes, ils croient tout inventer. Mais on l'a déjà fait ca et ca marche pas" ... mais si on
échangeait plutot que de s'opposer ? Vous nous apporteriez votre expérience et nous notre "fraicheur" et peut être en sortirait il quelque chose de performant ... mais non, non non,
chacun chez soi et n'avancons pas ou ils pourraient me piquer pas ma place.


L'Orange berruyère 23/10/2009 17:34



Ne vous en faites pas, il y a des jeunes pour contrebalancer et dire "ah ces vieux, il leur faut toujours un temps fou pour se décider à bouger.". C'est le jeu !



Jean Sarko 15/10/2009 14:02


Tout à fait d'accord!


Orman 15/10/2009 11:01


"Quand on est jeune, on croit que vieillir, c'est se délabrer dans un monde qui reste solide. Mais en vieillissant, on découvre que vieillir, c'est précisément l'inverse."

Alexandre VIALATTE (citation de mémoire)